Toute décision prise arrive avec des conséquences - Un bref regard sur le cycle de Saturne -

12/07/2017

 

 

 

 

 

Dernièrement, j’ai regardé un petit film* canadien simple, sans prétention. Un petit film indépendant qui raconte le quotidien, comme je les aime.

Il ne parle pas de grands hommes et femmes aux destins exubérants, mais tout simplement d’une jeune femme mariée qui se retrouve, un jour, à devoir faire un choix entre deux hommes. 

 

Ce film m’a marquée par son esthétique, par le talent des acteurs, par le regard de la réalisatrice. Mais surtout par sa justesse.

 

Chaque décision que nous avons à prendre dans la vie (relationnelle, professionnelle, santé, du quotidien, etc.) implique tout d’abord de devoir lâcher l’autre possibilité, et puis de devoir accepter qu’à partir du moment où l’on fait un choix, il arrive avec des conséquences. Pour soi, mais aussi pour tous ceux qui sont concernés par cette décision.

 

Et quand je dis « conséquence », je ne veux pas accentuer le bon ou le mauvais, je ne fais aucune séparation… c’est, pour moi, neutre.

 

Bien sûr, quand un choix se présente, ce qui est préférable, c’est de devoir prendre une décision qui paraît être la seule réponse possible : c’est plus facile, car sans sentiment de culpabilité qui s’y attache. Même si la vulnérabilité du choix est tout de même là, elle est plus diffuse et plus naturellement assimilable.

 

Mais que dire d’une possibilité qui vient faire exploser le mur confortable que nous avions érigé et derrière lequel, vraiment, nous nous sentions à l’aise, confortables, parfaitement sûrs !

 

Est-ce possible que quelque chose arrive à pénétrer un mur, s’il est véritablement étanche ?

Est-ce que les signes étaient là, mais que nous n’avons pas su les déchiffrer ?

 

Comment savoir s’ils étaient bien des prémices ou tout simplement la vie qui continue et qui, parfois, nous amène par de nouveaux chemins sans que nous nous en rendions compte ?

 

Un éloignement qui s’immisce et qui pénètre sans laisser de trace, qui n’a ni couleur ni forme, mais qui nous transforme de l’intérieur, qui devient un fantôme intérieur… le tout sur la durée…

Et puis, un jour, ce fantôme intérieur prend une forme concrète. 

Une personne, ou une situation, arrive alors pour remettre en question nos acquis, notre petite vie tranquille.

 

Le doute s’installe en premier. Et l’interrogation devient : suis-je vraiment bien dans la vie que je mène ? Est-ce que ma vie est tracée et n’ai-je plus qu’à suivre cette route, ou est-ce que je dois impérativement aller faire quelques détours pour mieux comprendre l’être que je suis ? 

 

Ensuite, c’est au tour de la négation de faire son apparition : l’impossibilité d’avouer à soi-même le besoin viscéral qui sommeille en soi. 

Ce besoin qui est celui qui nous demande de risquer ce qui nous est familier, sécurisant et que nous avons cru, pendant des années, être le bon.

Ce besoin, aussi, de se prouver à soi-même que la vie n’est pas uniquement cela, qu’en nous d’autres attirances et nécessités se sont développées.

 

Le simple fait de s’imaginer un autre ailleurs, un autre « moi » libre du quotidien actuel, provoqué par la matérialisation de notre fantôme intérieur, dénote deux choses : soit c’est une confrontation qui va nous amener à comprendre la vraie valeur et l’importance de ce qui compose aujourd’hui nos vies, soit c’est un réveil pour larguer les amarres, car cette confrontation aura ramené à la surface tous les détails que l’on n’avait pas su (voulu) voir et qui deviennent alors impossibles à supporter.

 

Le choix se fait, la libération arrive et puis, pour certains, l’insatisfaction, cette émotion qui permet le renouvellement. Elle commence déjà à tapir les parois intérieures pour ne devenir visible à nouveau que dans quelques mois, voire quelques années.

 

Saturne transite sur notre Saturne natal tous les 28/29 ans et nous fait faire le bilan de la structure de nos vies. Est-elle véritablement solide où est-ce que les fondations ne sont pas stables ?

Est-ce que le mur s’est craquelé de fissures qui laissent pénétrer une autre lumière ?

 

Dans ce film, c’est probablement le 1er retour de Saturne qui vient « réveiller » l’héroïne du film. Elle arrive à la trentaine. Et la transition va se faire, tout d’abord, dans la douleur oui, mais, finalement, surtout dans l’acceptation de la responsabilité qui vient avec son choix. C’est la continuité de qui elle est, mais ailleurs…

 

Les transits de Saturne sont des moments de test, de blocage, d’efforts, de beaucoup de travail, mais aussi de consolidation et de responsabilité dans les domaines qu’il touche. Il structure l’intérieur, notre psychisme, avec ce que nous percevons de l’extérieur. 

 

Quand il change de signe ou de maison ou quand il touche un point dans nos thèmes personnels, nous pouvons alors sentir plus fortement ses vibrations, et souvent l’arrivée et le premier passage de Saturne dans un signe (avant qu’il n’entre en rétrogradation) est souvent vécu comme un moment de doute et de frustration ; ensuite il faut travailler avec son énergie pour pouvoir danser à son rythme le plus souvent possible.  

 

Vers 56 ans, de nouveaux changements et un nouveau cycle arrivent, car c’est le 2ème retour de Saturne sur son emplacement natal dans nos thèmes. Souvent cela coïncide avec un départ (ou préparation d’un futur départ) à la retraite et la perte de repères si l’on s’est trop identifié à notre rôle social ou à notre image extérieure et que l’on a délaissé la personne que nous sommes, l’être intérieur que l’on est (il ne faut pas oublier qu’il y a aussi l’image physique qui change, l’image que la société projette sur nous également) ; il va très certainement y avoir des moments de crise encore une fois qui vont nous faire changer de cap, si l’on est prêt à accepter cette remise en question.

 

À 84 ans, 3ème retour de Saturne : il s’agit là d’un bilan global de nos vies et soit une acceptation totale de ce qu’elle aura été et une ouverture spirituelle intense à ce qui nous attend, ou alors une cristallisation des pensées.

 

Quand cela arrive, c’est parce que l’on n’a pas accepté de lâcher les vieux bagages et les vieilles façons de faire, on n’a pas accepté de regarder à l’intérieur de la façade et on aura vécu constamment à l’extérieur de soi.

 

Tout au long des transits de Saturne, à chaque sortie de signe ou de maison, Saturne laisse cet espace en ordre. Cela ne veut pas dire que nous nous sentirons bien avec ce qui s’y est passé, mais le début est là, à nous de continuer à dérouler la pelote. Le plus souvent, il nous faut plusieurs passages de Saturne pour que ceci soit appris et intégré et pour que nous devenions notre propre autorité, qui est le fruit de beaucoup de modelage et de transcendance de l’ego. Le travail sur soi ne se termine jamais.

Si nous réussissons à comprendre cela, nous avons réussi alors à l’implanter en soi, dans la conscience.

 

À un moment donné dans nos vies, nous ne pouvons plus continuer comme nous l’avons fait jusqu’alors. L’appel sera inattendu ; parfois intérieur dans le calme et à d’autres moments extérieur et brutal. Il n’y a pas de règle, juste des expériences qui feront que l’évolution continue, mais avec la réalisation très forte que nous ne sommes plus exactement les mêmes qu’autrefois, et la seule certitude est, que ceci est un état qui ne sera jamais immuable.

 

 

Sofia 

 

 

* Take this Waltz (avec Michelle Williams, Seth Rogen, Luke Kirby)

 

 

 

texte publié dans le numéro 0 de Holistik Magazine - janvier 2015 

 

 

 

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